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Les rouilles sont
provoquées par des champignons produisant une abondance de spores
jaune orangé, roux plus ou moins foncé (parfois noire), couleurs
caractéristiques à l’origine de la dénomination de ces maladies. Ces
champignons sont des parasites obligatoires, ne pouvant se développer
que sur un végétal vivant, et dont les espèces sont hautement
spécialisées, au niveau du genre, de l’espèce, ou de la sous-espèce.
Le cycle évolutif de ces
champignons est complexe, caractérisé par l’émission successive de
plusieurs sortes de spores naissant dans les organes différents.
LES
PRINCIPALES ROUILLES
des plantes florales
Rouille
de l’anémone et du prunier
Rouille
de la pivoine et du pin à 2 feuilles
Rouille
du rosier
Rouille
brune du chrysanthème
Rouille
blanche du chrysanthème
Rouille
transverse du glaïeul
Rouille
de l’œillet des fleuristes
Rouille
de l’œillet de poète
Rouille
de l’iris bulbeux
Rouille
de la mauve et de la rose trémière
des arbres et arbustes d’ornement
Rouille
du poirier et du genévrier
Rouille
de l’amélanchier et du genévrier
Rouille
de l’aubépine et du genévrier
Rouille
du groseillier à fleur et du pin à 5 feuilles
Rouille
du mahonia
Rouille
du millepertuis
Rouille
du fuchsia
Rouille
du cytise
Rouille
du mélèze et du peuplier
Rouille
du peuplier blanc et de la mercuriale
Rouille
du peuplier et du pin à 2 feuilles
CYCLE
Exemple de la rouille
du rosier
- Au printemps :
o
1ère
phase : le cycle débute par la formation sur les organes verts, sur
les feuilles à la face supérieure, de minuscules fructifications
groupées en plages de quelques mm. Elles passent souvent inaperçues,
mais elles ont un rôle majeur dans l’évolution du cycle en assurant
les processus sexuels. Ceux-ci aboutissent à la production des
fructifications suivantes (les écidies).
o
2ème
phase : sur le rosier, ces nouvelles fructifications apparaissent sur
les tiges, les ovaires, les feuilles (dans ce cas à la face inférieure
à l’aplomb des précédentes). Ce sont des pustules, souvent
déformantes, libérant des amas de spores orangé vif. Elles sont
relativement peu nombreuses. Ces spores disséminées par le vent, vont
propager la maladie, sur les autres rosiers.
Chez d’autres espèces de
rouilles, ce stade présente des faciès morphologiques différents (sur
feuilles d’anémone, de poirier, aiguilles de pin par exemple).
- En période
estivale :
o
3ème phase : cette
contamination de printemps engendre la formation à la face inférieure
des feuilles d’une multitude de pustules punctiformes pulvérulentes
orangées libérant un nouveau type de spores (les urédospores)
contaminantes. Elles vont se multiplier au cours de plusieurs
générations successives pendant l’été. Elles vont ainsi contaminer un
grand nombre de plantes. Elles sont de ce fait la cause du caractère
épidémique des rouilles.
o
4ème phase : En fin
d’été, la dernière génération de spores se forme dans des pustules
identiques (aspect et dimension) mais dont la sporée est noire. Ces
spores (téleutospores) constituent la forme de conservation hivernale
du champignon, elles vont se maintenir en l’état sur les feuilles
tombées à terre. Au printemps elles germent en émettant de minuscules
spores qui transportées sur les jeunes organes seront le point de
départ de nouveaux cycles.
Variations cycliques
- Une rouille à cycle
complet présente successivement toutes les phases précédemment
décrites. Ce cycle peut se dérouler :
o
Aux dépens d’une
seule plante telle que la rouille du rosier : c’est une rouille
autoxène. Ces rouilles sont peu nombreuses.
o
Aux dépens de deux
plantes botaniquement différentes mais situées dans le même voisinage:
c’est une rouille hétéroxène. Les 2 premières phases du cycle se
réalisent sur un hôte primaire, les suivantes sur un hôte secondaire.
Exemple : rouille de l’anémone (hôte primaire) et du poirier (hôte
secondaire).
Une rouille est à cycle
incomplet, si une, deux, ou trois phases font défaut. Le plus souvent
ce sont les 2 premières phases qui sont inconnues (exemples: les
rouilles du glaïeul, du pélargonium). Dans d’autres cas le cycle est
réduit à la dernière phase (exemples: la rouille de la rose trémière,
la rouille blanche du chrysanthème).
Conférence de Maryvonne Decharme
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