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Les Phytophthora.
Les Phytophthora sont pour la majorité des espèces, des
champignons du sol pathogènes des racines de nombreuses plantes.
Environ sept espèces se développent aux dépens des plantes ligneuses.
Ces champignons provoquent le dépérissement des végétaux attaqués, ils
se sont largement répandus dans les unités de production à la faveur
de la généralisation de la culture en conteneurs.
Phytophthora cinnamomi est l’espèce la plus fréquente et
la plus dommageable, notamment sur les Conifères et les Ericacées,
rhododendron, azalée, bruyère, callune, argousier. Si la maladie peut
engendrer de gros dégâts en culture commerciale, elle reste
exceptionnelle dans les jardins. Cependant, le risque demeure lorsque
le sol reste imprégné d’eau pendant une longue période.
Les Phytophthora se maintiennent dans le sol à l’état
latent et deviennent actifs en présence d’eau. Les racines contaminées
sont envahies par une pourriture brune qui gagne le collet et les
branches basses. L’alimentation du végétal est progressivement
altérée, la plante flétrit et se dessèche et meurent.
Certaines espèces de Phytophthora peuvent contaminer
directement des organes aériens à la faveur de la projection, à partir
d’un sol contaminé, de gouttes d’eau transportant des particules
infectieuses. Bourgeons, feuilles, rameaux infectés se nécrosent et
meurent
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Phytophthora cinnamomi
sur rhododendron. Flétrissement généralisé et
ternissement du feuillage. Affaissement typique des feuilles en
parapluie à demi fermé.
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Phytophthora cinnamomi sur tige
écorcée de rhododendron. La pourriture brune qui progresse à partir du collet
présente une limite nette. |
.Phytophthora cinnamomi sur andromède (photos
ci-dessous). Jaunissement et flétrissement partiel du feuillage
correspondant à la zone racinaire infectée. A terme, l’ensemble de la
plante dépérit.
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Phytophthora sp. Nécrose d’un
rameau de rhododendron vraisemblablement due à
Phytophthora citricola ( précédemment isolé sur des
plantes présentant un symptôme identique ). |
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Phytophthora sp. sur organes aériens de
rhododendron. Progression de la nécrose des tissus à partir du
bourgeon initialement contaminé.
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Comparaison des symptômes engendrés sur
rhododendron par Phytophthora cinnamomi à droite et
par Phytophthora sp. à la suite d’une contamination
de bourgeon à gauche, montrant l’évolution ascendante de la
nécrose des tissus dans le premier cas et l’évolution descendante
dans le second. |
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Altérations
des organes aériens.
Les dégâts les plus couramment observés sont des taches foliaires et
des dessèchements de boutons floraux. Ils peuvent se rencontrer ça et
là au jardin en fonction des conditions climatiques et de l’état
général des plantes.
- Les taches foliaires.
Les taches foliaires les plus fréquentes sont dues au
développement de deux champignons : le Botrytis cinerea
agent de la pourriture grise sur une foule de végétaux et le
Pestalotia guepini connu sur rhododendron, camélia, magnolia.
Ces
deux espèces s’installent en saprophytes sur des lésions préexistantes
d’origine non parasitaire. Par temps humide, ils envahissent les
tissus vivants en formant de larges taches nécrotiques brunes.
Les
taches dues au Botrytis sont souvent zonées de parties
claires et foncées.
Les
taches dues au Pestalotia sont parfois grises puis brun
clair marginées d’une ligne brun foncé.
A la
faveur d’une période d’humidité élevée, les deux champignons peuvent
fructifier. Le Botrytis produit une masse de spores
d’aspect duveteux gris souris.
Le Pestalotia forme des pustules noires au sein des tissus
nécrosés.
Au
moment de la floraison des rhododendrons et azalées, si le temps est
très humide le Botrytis peut aussi infecter les fleurs
et provoquer leur pourriture.
Le Pestalotia n’attaque pas les fleurs.
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Nécrose d'une feuille de rhododendron due au Pestalotia |
- Le dessèchement des boutons floraux et des bourgeons ou "bud blast".
Cette maladie des rhododendrons et azalées est provoquée par un
champignon Briosia azaleae. Au cours de l’été les
boutons floraux et les bourgeons contaminés se dessèchent. La nécrose
gagne le rameau et les feuilles entourant le bourgeon malade. L’écorce
des rameaux devient grisâtre et lorsque plusieurs bourgeons sont
atteints les rameaux meurent. Les organes desséchés peuvent rester en
place plusieurs années.
Le
champignon fructifie sur l’ensemble des boutons malades en produisant
une multitude de "petits clous" noirs dont les têtes contiennent des
milliers de spores. La dissémination du parasite est assurée par les
éclaboussures de pluie, les insectes butineurs et surtout la cicadelle
du rhododendron, à la faveur des piqûres de ponte, qu’elle effectue
dans les bourgeons.
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Briosia azaleae sur un bouton floral de rhododendron
portant les fructifications du champignon.
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Accidents observés en cours de végétation sur rhododendron.
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Comparativement à la plante de gauche élevée
dans les meilleures conditions, la plante de droite présente un
aspect déficient. Les feuilles pâles, légèrement marbrées, un peu
affaissées, les bourgeons très petits, montrent les effets d’une
nutrition insuffisante en quantité et qualité (au moins en azote)
et d’un début de déshydratation. |
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Effet d’un déséquilibre hormonal subi au
cours des étapes de la culture in vitro.
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Décoloration du bord des feuilles liée à une période de culture en
situation trop ensoleillée.
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Brûlure due à un coup de soleil. |
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Déformation du limbe résultant d’une baisse de température
survenue en cours de végétation, ayant momentanément stoppé la
croissance d’une feuille jeune.
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Méthodes de lutte.
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Contre les Phytophthora du sol.
Il n’existe pas de moyens de lutte curative. La seule lutte est
préventive en s’assurant lors de la plantation que l’endroit choisi
bénéficie d’un drainage satisfaisant et en respectant de bonnes
conditions de culture (nutrition, fumier de cheval en décembre selon
R. Grall, aération, luminosité).
Une
plante malade doit être arrachée et brûlée, en évitant de disperser la
terre contaminée :
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faire un trou, éliminer la terre ayant été en contact avec les
racines,
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traiter au propamocarbe ou au phosetyl d’aluminium,
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laisser à l’air pendant une saison et reboucher avec de la terre
neuve,
-
planter une espèce peu sensible au Phytophthora.
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Contre les agents de nécrose.
Eliminer les parties tachées ou desséchées dés leur apparition
pour court-circuiter la
formation des spores des champignons et limiter la dispersion des
maladies.
Après
une attaque de Pestalotia et de Briosia
effectuer un traitement à base de cuivre.
Après
une attaque de Botrytis, tenter un traitement à la
procymidone, mais ne pas oublier que les conditions environnementales ont un effet déterminant
sur le
développement du champignon.
Maryvonne
Decharme
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