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| La cascade Niagara à l'île de la
Réunion. A ne pas confondre avec les chutes du même
nom. |
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SALAZIE,
MAFATE et compagnie.
Ce titre n’a rien de musical, même si la compagnie est
parfois créole. C'est plutôt une succession de noms de cirque, où
la flore prédomine et quelle flore variée aux couleurs explosives !
Quitter l’automne breton frileux et humide à Lorient, pour
se retrouver dans l’hémisphère sud, après une nuit de sommeil
plus ou moins agité, une température avoisinant les vingt-cinq
degrés, quel contraste ! Le samedi 5 novembre, un avion
d’Air France, pas spécialement affrété, dépose à Saint-Denis
de la Réunion, un groupe de 23 touristes en mal de fleurs et de
plantes, vu que dans notre région tout sommeille dans les
plates-bandes. Beaucoup d’entre nous se posent cette question :
comment ce volcan né il y a seulement 3 millions d’années
peut-il abriter une des flores les plus riches du monde ?
Un brin de géographie : situé dans l’Océan
indien non loin du tropique du capricorne, l’île de la Réunion
fait partie de l’archipel volcanique des MASCAREIGNES (île
Maurice, île Rodrigue). A 9200 km de Paris
(11
h. 30 de vol) et 800 km de Madagascar, elle mesure 72 km de long et
51 de large. Un relief très tourmenté et entaillé de ravines,
donne environ 200 microclimats.
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Le volcan de la Fournaise : c'est l'un
des volcans les plus actifs au monde. Jeune, il n'a que 500
000 ans. Altitude 2632 m. Ses éruptions sont fréquentes. |
Rassurez-vous, nous n’avons pas passé 200 jours à tester
ces microclimats.
Deux phases dans notre séjour, avec une première
halte sur le nord-ouest de l’île ; et une deuxième mi-temps
plus au sud, permettant de voir l’Est et l’Ouest, ainsi que la
zone des hauts, la partie montagneuse.
Très rapidement, sous la férule de Vincent, notre guide créole,
lui aussi domicilié en Bretagne (c’est une région de la Réunion)
nous allons découvrir les cirques et les plaines, les us et
coutumes des habitants, leurs jardins et leurs habitudes
alimentaires (punch, riz et grains, et surtout rhum arrangé).
Les sorties quotidiennes vont nous mener d’emblée au musée
de VILLELE (nous y découvrirons l’histoire de
l’esclavagisme) et très rapidement au jardin d’EDEN.
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Plumeria rubra plus
connu sous le nom de frangipanier |
un caméléon |
Déjà les flamboyants, les alamandas et les jacarandas nous sont de
plus en plus familiers. Notre visite nous permet de découvrir de
multiples variétés d’orchidées, des frangipaniers où se
cachent des caméléons. Des filaos en fleurs se penchent sur les allées.
Nous découvrons que nos plantes d’appartement prennent ici des
proportions qui n’ont rien à envier à nos hêtres ou à nos chênes.
Le lendemain, cap au nord-est et découverte du cirque de
SALAZIE, le plus verdoyant, le plus humide, avec ses multiples
cascades et surtout sa plante baptisée « CHOUCHOU ».
Plante comestible consommée depuis ses racines jusqu’à ses
pousses et élément de
base de la nourriture. La récolte de la canne à sucre bat son
plein, coupée à la main dans 75 % des cas, nous comprenons
l’utilité du Rhum chez les Coupeurs de Canne.
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ci-contre : une case créole à
Hell-Bourg
A
HELL-BOURG, village de « changement d’air » il
ne reste que des vestiges d’une station thermale, et par contre
une explosion de fleurs masque partiellement les tombes du cimetière
et envahit les croix. L’exubérance de plantes à cet endroit
n’est pas étonnante, quand on voit au bord des routes une prolifération
de « pestes » que sont les érigérons et les lantanas ;
c’est ainsi qu’ils dénomment des plantes qu’ils ne peuvent maîtriser. |
Le même jour, visite aussi de la maison « FOLIO »,
une demeure coloniale, avec son magnifique jardin. Les fleurs de
gingembre voisinent avec les « épines du Christ ». Une
pépinière d’orchidées suscite l’intérêt de beaucoup de
visiteurs ; mais nous sommes déjà submergés par le nombre de
plantes aux noms souvent inconnus et aux couleurs resplendissantes.
Le rêve se poursuit le jour suivant par la visite du
jardin de Cendrillon ; un conte à nous en mettre plein les
yeux. D’emblée la propriétaire des lieux nous accueille avec ses
« pantoufles de Cendrillon » (sabot de Vénus) et un
enthousiasme de botaniste désireuse de transmettre sa passion. Les
strelitzias paraissent délaissés dans ce bout de terre volcanique,
avec ses tonnelles de Strongylodons macrobotrys (liane de jade), et
ses fougères émergeant d’une bombe volcanique.
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Strongylodons macrobotrys
ou liane de jade. |
Une fougère arborescente |
Départ pour le sud et Saint-Pierre pour y découvrir
la zone des dernières éruptions volcaniques . Déjà de petites
fougères prennent possession de ces amas de lave. La chaleur est
encore présente entre les roches de la coulée de janvier 2005.
Nous comprenons alors qu’ici, dans ce paysage rugueux, la végétation
prend très vite sa place et pour peu que l’humidité soit présente,
nous retrouvons nos ajoncs à quelques kilomètres des forêts de
fougères arborescentes.
Après un passage rapide au
cap méchant où la roche volcanique lutte avec les vagues de
l’Océan indien, nous retrouvons la quiétude du jardin des
senteurs. A nouveau les vanilliers et les orchidées nous agressent,
pendant qu’un caméléon nous contemple paresseusement. La
technique de fécondation de la fleur de vanillier est très méticuleuse
et nous sera expliquée dans le détail. Nous y verrons aussi une
variété de Thumbergia grandiflora.
Les jours suivants vont se succéder les visites du cirque
de MAFATE et ses îlets ; inoubliable avec seulement ses sentiers pédestres pour y
accéder. Le tout cerné par le PITON des neiges, le gros MORNE,
et le grand BENARE.
La découverte de forêts de cryptomeria et la fabrication
des essences, les géraniums, les sous-bois recouverts d’ Arum,
seront la surprise d’une autre visite. Le même jour
au cœur d’une végétation luxuriante, nous allons
découvrir lors d’un arrêt un jardin insolite, un jardin de
bonzaïs avec ses forêts de bambous bonzaïs, ses arbustes
torturés s’agrippant à des plaque de lave et amoureusement
entretenus par un jardinier octogénaire plein de vivacité.
J’allais oublier CILAOS et son vin mais surtout ses
lentilles et ses 420 virages.
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Ci-contre
: Ravelana madagascariensis communément appelé
'l'arbre du voyageur'
Tout au long de ce périple nous avons côtoyé bien sûr
'l’arbre du voyageur' mais aussi les palmiers
pattes d’éléphants, les vacouas, ficus benjamina ; reniflé
les plans de vanille, de café, arbre aux quatre épices, bois de
senteur ; admiré des murailles de bougainvilliers, des daturas
de couleurs différentes et de multiples fleurs communes de nos
serres et vérandas, mais de vigueur décuplée.
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Je n’évoque pas non plus les différentes variétés de
fruits et légumes à vous mettre le rhum à la bouche. Si les
arbres étaient couverts de litchis, les champs étalaient leurs
ananas. Des grenades, des mangues…Bref dit la chanson :
ça sent la banane, la vanille et le cumin
le sucre de canne, la mangue et le tamarin.
Ce département d’un autre hémisphère est bien le paradis
des amoureux de la nature ; de plus sur le pan ethnique, cette
identité créole est la réussite d’un métissage de population
venue de différents continents.
Ce voyage ne laisse qu’un regret ; celui de ne pas
être resté plus longtemps, mais nous à donné l’envie d’y
retourner le plus rapidement possible.
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| Etlingera eliator ou
'Rose de porcelaine' s'épanouissent en inflorescences
coniques de 20 à 30 cm à l'extrémité de tiges de 1,50 m |
Myosotis des Alpes |
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