2 - Les ROUILLES. Cycle.

Les rouilles sont provoquées par des champignons produisant une abondance de spores jaune orangé, roux plus ou moins foncé (parfois noire), couleurs caractéristiques à l’origine de la dénomination de ces maladies. Ces champignons sont des parasites obligatoires, ne pouvant se développer que sur un végétal vivant, et dont les espèces sont hautement spécialisées, au niveau du genre, de l’espèce, ou de la sous-espèce.

Le cycle évolutif de ces champignons est complexe, caractérisé par l’émission successive de plusieurs sortes de spores naissant dans les organes différents.

LES PRINCIPALES ROUILLES

- des plantes florales

Rouille de l’anémone et du prunier

Rouille de la pivoine et du pin à 2 feuilles

Rouille du rosier

Rouille brune du chrysanthème

Rouille blanche du chrysanthème

Rouille transverse du glaïeul

Rouille de l’œillet des fleuristes

Rouille de l’œillet de poète

Rouille de l’iris bulbeux

Rouille de la mauve et de la rose trémière

- des arbres et arbustes d’ornement

Rouille du poirier et du genévrier

Rouille de l’amélanchier et du genévrier

Rouille de l’aubépine et du genévrier

Rouille du groseillier à fleur et du pin à 5 feuilles

Rouille du mahonia

Rouille du millepertuis

Rouille du fuchsia

Rouille du cytise

Rouille du mélèze et du peuplier

Rouille du peuplier blanc et de la mercuriale

Rouille du peuplier et du pin à 2 feuilles

CYCLE

Exemple de la rouille du rosier

- Au printemps :

  • 1ère phase :
    le cycle débute par la formation sur les organes verts, sur les feuilles à la face supérieure, de minuscules fructifications groupées en plages de quelques mm. Elles passent souvent inaperçues, mais elles ont un rôle majeur dans l’évolution du cycle en assurant les processus sexuels. Ceux-ci aboutissent à la production des fructifications suivantes (les écidies).

- 2ème phase :





sur le rosier, ces nouvelles fructifications apparaissent sur les tiges, les ovaires, les feuilles (dans ce cas à la face inférieure à l’aplomb des précédentes). Ce sont des pustules, souvent déformantes, libérant des amas de spores orangé vif. Elles sont relativement peu nombreuses. Ces spores disséminées par le vent, vont propager la maladie, sur les autres rosiers.

Chez d’autres espèces de rouilles, ce stade présente des faciès morphologiques différents (sur feuilles d’anémone, de poirier, aiguilles de pin par exemple).

- En période estivale :

  • 3ème phase :
    cette contamination de printemps engendre la formation à la face inférieure des feuilles d’une multitude de pustules punctiformes pulvérulentes orangées libérant un nouveau type de spores (les urédospores) contaminantes. Elles vont se multiplier au cours de plusieurs générations successives pendant l’été. Elles vont ainsi contaminer un grand nombre de plantes. Elles sont de ce fait la cause du caractère épidémique des rouilles.
  • 4ème phase :
    En fin d’été, la dernière génération de spores se forme dans des pustules identiques (aspect et dimension) mais dont la sporée est noire. Ces spores (téleutospores) constituent la forme de conservation hivernale du champignon, elles vont se maintenir en l’état sur les feuilles tombées à terre. Au printemps elles germent en émettant de minuscules spores qui transportées sur les jeunes organes seront le point de départ de nouveaux cycles.

Variations cycliques

- Une rouille à cycle complet présente successivement toutes les phases précédemment décrites. Ce cycle peut se dérouler :

  • Aux dépens d’une seule plante telle que la rouille du rosier : c’est une rouille autoxène. Ces rouilles sont peu nombreuses.
  • Aux dépens de deux plantes botaniquement différentes mais situées dans le même voisinage : c’est une rouille hétéroxène. Les 2 premières phases du cycle se réalisent sur un hôte primaire, les suivantes sur un hôte secondaire. Exemple : rouille de l’anémone (hôte primaire) et du poirier (hôte secondaire).

Une rouille est à cycle incomplet, si une, deux, ou trois phases font défaut. Le plus souvent ce sont les 2 premières phases qui sont inconnues (exemples : les rouilles du glaïeul, du pélargonium). Dans d’autres cas le cycle est réduit à la dernière phase (exemples : la rouille de la rose trémière, la rouille blanche du chrysanthème).

Conférence de Maryvonne Decharme