Plantes dont les racines se développent dans un substrat gorgé d’eau (marécages) alors que leur système reproducteur et végétatif reste hors de l’eau. Certaines vivent avec les racines dans quelques centimètres d’eau et d’autre n’ont besoin que d’humidité et vivent à proximité immédiate des plans d’eau.
Il y en a un certain nombre que l’on ne trouve pas dans le commerce dans nos régions.
Seules seront abordées ici les plantes qu’il est assez aisé de se procurer et qui ont un réel intérêt décoratif ou biologique, ce qui représente déjà un très large choix.
Elles sont presque toutes de culture et de reproduction très facile et s’étendent très rapidement lorsque le milieu leur est favorable.
Elles sont indispensables dans tous les bassins et complètent le décor avec les nénuphars et les lotus. Leur présence permet de se passer des plantes purement oxygénantes immergées, souvent trop envahissantes.
Toutes les plantes de marécage ont besoin de la présence de l’eau, elles font la transition entre l’eau et la terre ferme en gardant les pieds dans l’eau mais en développant leurs tiges et leurs fleurs hors de l’eau.
Suivant les sujets, les racines ont besoin de plus ou moins de profondeur d’eau, certaines sont presque des plantes de berge car elles supportent de rester un certain temps, assez court tout de même, dans une terre marécageuse humide.
Le feuillage panaché de crème est très décoratif, d’environ 90 cm de hauteur. La plante offre de belles touffes à souche rhizomateuse qu’il est préférable de cultiver en bac en divisant la touffe tous les trois ans.
Peut s’installer à l’ombre ou au soleil en sachant que le panachage sera plus beau au soleil et dans les plans d’eau calmes ou avec un léger courant.
La plante est rustique avec la souche hors gel et peut être immergée entre –15 et –5 cm.
Elle peut être attaquée par les limnés (gastéropodes aquatiques), mais sans conséquence importante.
Sa particularité est de fleurir de octobre/novembre jusqu’en mars et de disparaître presque complètement ensuite, au moment où les autres plantes prennent le relais.
Elle aime les situations ombragées surtout l’été. Elle est donc très intéressante car elle peut occuper les espaces libres ombragés alors que la plupart des espèces immergées aiment le soleil et fleurissent l’été.
Plante à souche bulbeuse. Les feuilles sont lancéolées, flottantes, vert foncé.
Elle donne de très jolies fleurs blanches qui se dressent de quelques centimètre hors de l’eau. Résiste au froid, si les bulbes sont plantés
à 20 cm de profondeur.
Le semis se fait de façon naturelle dans l’eau, en surface avant de s’enraciner au fond. Dès que les premières feuilles des jeunes plantes apparaissent, il suffit de les récolter et de les mettre en pot.
Plantation de 20 à 60 cm dans l’eau dans un substrat assez riche. Lui donner une pastille d’engrais type osmocote avant l’automne.
Parasites et maladies : les limnées (petits escargots d’eau douce) aiment son feuillage.
Plante très commune dans l’hémisphère nord dans les prairies humides et marécageuses. Elle forme une touffe arrondie de feuilles cordiformes luisantes portées par des tiges creuses dressées ou rampantes et radicantes. Jolies fleurs jaunes d’or rondes de 3 à 4 cm en mars/avril. Il en existe de nombreux cultivars à fleurs doubles ou fleurs blanches. Elle offre une excellente résistance au froid. Peut être plantée
à mi-ombre.

La multiplication se fait par division des touffes ou semis. A planter sous 5/6 cm d’eau dans un substrat riche et humifère.
Elle est sensible aux pucerons et, par forte chaleur, elle peut être marquée par de l’oïdium.
C’est une plante intéressante pour les bords de bassin car elle couvre bien le sol et elle annonce vraiment le printemps au bassin.
nota : attention aux enfants, la plante est vénéneuse.
Cette plante est un hybride d’espèces originaires d’Amérique du Nord. Il existe actuellement plusieurs hybrides, tous aussi graphiques et décoratifs. Sa souche est rampante et ses tiges émergées peuvent atteindre 1,80 m de haut. Elle ne craint pas le froid et se plante à mi-ombre en zone marécageuse, ou sous quelques centimètres d’eau au soleil. Le substrat doit être à tendance acide.
Très jolie plante rhizomateuse traçante dont les tiges dressées d’un vert frais ont l’aspect d’un sapin de Noël qui dépasse d’environ 30 cm la surface de l’eau lorsque la plante est acclimatée dans moins de 50 cm d’eau.
Les fleurs blanches sont insignifiantes.
Dans une eau plus profonde, les tiges ne dépassent pas à la surface et elle est considérée comme une vraie plante immergée.
Comme toutes les plantes immergées, elle est oxygénante et nettoyante.
Il faut la planter dans de la terre. Dans un plan d’eau naturel, la lester d’une pierre s’il y a de la terre au fond, ou la cultiver en bac pour les petits bassins, au soleil ou a mi-ombre en eau calme.
Elle se multiplie par division des touffes et reste longtemps en place.
C’est un rhizome rampant portant des feuilles de 3 à 4 cm de large et dont les touffes sont moins denses que celles de l’Iris pseudocarus et s’adaptent mieux aux bassins petits et moyens. Les fleurs sont bleues (certains cultivars sont blancs) en juin, larges d’environ 8 cm. Il existe un cultivar à feuilles panachées très décoratives. La touffe demande une exposition ensoleillée sous 2 à 10 cm d’eau. La plante craint le calcaire mais résiste bien au froid.
Ces deux iris japonais se ressemblent au point qu’ils sont souvent confondus. Les iris de Kaemphert sont des hybrides d’Ensata.
Les fleurs des Ensata atteignent 80 cm de haut et sont violet pourpre de 6 à 8 cm de large. Celles des Kaemphert sont plus grosses, aplaties et de couleurs variables. Ces fleurs apparaissent en juin.
Ces iris se plantent en sol riche, tourbeux à tendance acide, dans des berges humides, gorgées d’eau. On peut les planter dans très peu d’eau, mais ils seront plus sensibles au froid.
Ils forment de très belles touffes, longtemps décoratives par leurs feuillages, que l’on divise pour les régénérer.
Très commun dans les zones d’eau calme. Ses rhizomes sont épais et ses touffes peuvent atteindre
1 m de haut. Ils donnent des fleurs jaune vif de mai à juillet. Très rustique.
Plantation du rhizome dans l’eau jusqu’à 30 cm de profondeur dans un sol à tendance légèrement acide. Il peut également se planter en terre toujours humide. Il vaut mieux éviter de le planter en bac, sauf s’il est à l’abri des vents forts, compte tenu de sa hauteur et de sa compacité. Division régulière des rhizomes ou semis.
Originaire d’Amérique du Nord, il a de nombreux cultivars, tous déclinés dans les tons bleus/violet pour les fleurs de taille moyenne qui apparaissent en mai/juin.
La touffe fait environ 50 à 60 cm de haut et donne des feuilles dressées souples.
Préfère une terre riche et limoneuse, mais est très facile de culture. Accepte la mi-ombre.
Se plante dans 5 à 10 cm d’eau. Se multiplie par division des touffes et semis. Pas de maladie particulière mais en milieu naturel le ragondin est son principal prédateur.
Trop aromatique pour être utilisée en cuisine, mais elle est tout aussi envahissante et rustique. Elle peut coloniser sans problème toutes les zones humides et pousse jusqu’à 60 cm sous l’eau. A cultiver de préférence en pot pour limiter son extension.
Ses feuilles vertes, peuvent se colorer de pourpre. Elle donne des fleurs rose lilas, regroupées en capitules de juillet à septembre et se développe grâce à ses stolons.
Peut être plantée aussi bien au soleil qu’à l’ombre et est très rustique. Elle est sensible aux pucerons.
Petite plante vivace à souche rampante et feuilles vert pâle, sessiles et d’aspect charnu.
De nombreuses petites fleurs semblables à celles des myosotis terrestre, bleu cobalt, apparaissent de juin à août sur des hampes de 10 à 20 cm de hauteur.
Les myosotis acceptent la mi-ombre et sont d’une très bonne rusticité. Les touffes se reproduisent par division ou par semis.
La plante supporte bien d’être sous quelques centimètres d’eau ou dans de la bonne terre humide ou en alternance
Plante formant une touffe légère et portant de longues tiges émergées pouvant atteindre 1 m de haut, portant en bout des ombrelles vertes brillantes et des épillets minces aplatis en septembre/octobre, de couleur rouge brun. Se plante en pot entre 1 et 10 cm sous l’eau.
Contrairement au papyrus égyptien, ce papyrus supporte des températures de –5°, voire plus s’il est mis en pot immergé pour l’hiver, les racines hors d’atteinte du gel, à une profondeur de 30 à 40 cm.
Belle plante vigoureuse au feuillage dont l’extrémité est cordiforme, vert luisant.
Les fleurs apparaissent de mai à septembre, de couleur bleue et sont regroupées en épis de 6 à 8 cm de long. Bonne rusticité sous nos climats (jusqu’à –15°). Aime les situations ensoleillées mais supporte la mi-ombre. A planter entre 5 et 30 cm d’eau dans une bonne terre. Elle peut être attaquée par des araignées rouge et les pucerons.
C’est une plante indispensable dans un bassin, même petit, dans un container assez grand (minimum 40 cm de diamètre). Si possible, rempoter tous les deux ans pour renouveler le substrat.
Plante vivace polymorphe dont les petites fleurs blanches s’épanouissent en mai/juin à la surface de l’eau. Les feuilles submergées sont divisées en lanières, les émergées sont réniformes. Elle préfère les situations ensoleillées et se multiplie par division des touffes et se plante entre 5 et 60 cm sous l’eau selon la sous-variété, en pot avec une bonne terre aquatique :
- Ranunculus flammula ou Petite Douve (15 à 40 cm de haut) sous quelques centimètres d’eau,
- Ranunculus lingua ou Grande Douve (60 cm à 1 m de haut) sous 10 à 60 cm d’eau.
Elle peut supporter quelques pucerons sur les feuilles flottantes.
Feuilles pétiolées, sagittées assez large. Elle produit des fleurs blanches verticillées par trois sur une panicule de 10 cm avec des étamines jaunes.
Culture jusqu’à 5 à 30 cm d’eau, sans problème, à exposition ensoleillée. Reproduction par le pied mère qui donne des petits tubercules qu’on peut récolter dans la vase en mars/avril et replanter. Elle est très sensible aux pucerons.
Il existe une sagittaire sagittifolia, plus délicate à cultiver mais dont les caractéristiques diffèrent peu et qu’il est préférable de laisser aux grandes pièces d’eau.
Grandes feuilles lancéolées vert glauque pouvant atteindre 2 m de haut. Elle donne des inflorescences regroupant des petites fleurs bleu violet qui se dressent au-dessus du feuillage, juillet à septembre. Plantation à exposition ensoleillée et sous 10 à 40 cm d’eau. Dans les hivers rigoureux, il est conseillé de la descendre d’un palier (40 cm). Demande un sol riche : mettre de l’engrais type osmocote au printemps si elle est cultivée en pot, ce qui est conseillé.
Ce sont des plantes très rhizomateuses et stolonifères, à réserver aux grands bassins, qui peuvent atteindre 2 à 2,50 m de haut et qui donnent en août des massettes plus ou moins brun clair ou foncé selon la variété qui diffèrent seulement par la finesse des feuilles, toutes deux vert glauque et la nuance de couleur des massettes.
La plantation se fait en terre marécageuse ou sous 5 à 20 cm d’eau. Elles sont sensibles aux pucerons.
Beaucoup plus adaptée aux bassins de jardin, c’est une plante stolonifère d’environ 60 cm de haut, au rhizome fin, avec des feuilles très minces à port dressé.
Les massettes apparaissent en mai, elles sont de forme globuleuse, brunes de 3 à 4 cm de diamètre.
Plantation en zone marécageuse ou sous 5 à 10 cm d’eau, en situation ensoleillée en conteneur pour limiter son extension.
Elle est sensible aux pucerons.
Conférence de Michelle Saint Guily avec la participation de Jean-Pierre Bouttin, section “Jardin d’ornement”, samedi 19 février 2005