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Les blessures de taille

Les plantes cicatrisent-elles ?

Les organismes vivants ont développé des mécanismes de défenses pour se protéger contre divers agents pathogènes et autres nuisances de leur environnement.
Les plantes ont une capacité de résistance et d’adaptation surprenante. Tout jardinier dans sa logique de maîtrise d’une plantation coupe plus qu’il ne taille. Pour se rassurer il acquiert tout une série de produits qui le rassure : baume cicatrisant, divers mastics… En employant ces produits souvent toxiques, il se pardonne un massacre ….
Tout d’abord une première erreur : les végétaux ne se cicatrisent pas, il y a un recouvrement des plaies.

Le bois représente une source d’énergie et d’éléments essentiels pour des milliers d’agents pathogènes. Les arbres ayant des réserves fortes sont équipés d’un système de défense supérieur aux autres. Protection et défense sont les deux mécanismes qui assurent la survie du système. La protection est un état statique. La défense correspond à une réaction dynamique. La santé est un état qui reflète la capacité de résister aux divers stress.
Sans aborder un cours de biologie végétale, on peut comparer "un arbre à un gratte-ciel composé de milliards de chambres. Dans chacune d’elles se trouve une chambre qui communique avec ses voisines grâce à des portes. Quand un arbre est blessé la cellule se suicide, la chambre se remplit de produits microbiens et les portes se ferment. Elle place des barrières protectrices. Ceci veut dire qu’un arbre est une plante fortement compartimentée" ( William Moore)

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Coupe d’un hêtre
la compartimentation

Quand il est blessé, le mécanisme de défense consiste à isoler ou compartimenter le foyer. Lors d’une agression (élagage, taille) ce processus comprend deux étapes : la mise en place d’une zone de réaction, puis celle d’une zone de barrage. La blessure stimule la production de substances anti-microbiennes formées à partir des hydrates de carbone.
Donc lorsqu’il y a une plaie il faut la parer et laisser l’arbre mettre en place ses systèmes de défense. Il est observé des variations entres les genres.

Que faire en cas de plaie ?

Lorsque l’arbre est en bonne santé les petites blessures se ferment rapidement, il en est de même pour les plaies de taille.
Badigeonner les plaies est à proscrire.
Certains mastics tendent à maintenir la plaie humide et à favoriser l’augmentation de la température, ces conditions sont idéales pour le développement des champignons.

Curer les foyers de pourriture conduit à détruire les parois de protection, les agents pathogènes progressent facilement dans le bois d’où une dégradation et affaiblissement de la structure.
Il est donc urgent de ne rien faire.

Pour mieux comprendre ces principes, il est nécessaire de connaître la biologie et la physiologie des arbres.

Texte de Jean-Michel Yannic (mars 2006)