Nom botanique : Achillea
Noms communs de l’achillea millefolium : Millefeuille, herbe aux coupures, herbe de la St Jean, herbe aux charpentiers, herbe aux militaires…
Pour la petite histoire :
Le nom vient évidemment d’Achille, le héros de la guerre de Troie, qui soigna avec cette plante Télèphe (roi de Mysie), qu’il avait blessé.
Elle fait partie des herbes de la St Jean (comme la camomille, l’armoise…) auxquelles on attribue entre les 21 et 24 juin des pouvoirs magiques.
On prétend que l’achillée guérit toutes les plaies faites par le fer et que quelques inflorescences d’achillée dans la poche procure du courage et préserve de toute crainte (d’où son nom d’« herbe aux militaires »). Dans le langage amoureux, elle est censée renforcer le pouvoir de séduction…
Origine : Europe, Asie tempérée et Amérique du Nord. Les plus compactes proviennent de régions montagneuses et les grandes herbacées de prés et terrains vagues secs.
Famille : Astéracées / Composées
Caractéristiques : Ce sont des vivaces surtout caduques. Le feuillage varie selon les espèces mais il est en général aromatique, très divisé comme une fougère, et pubescent.
Les extraits des feuilles, des fleurs et des graines contiennent des huiles, des alcaloïdes… ayant de multiples propriétés (antiseptique, cicatrisant, astringeant, diurétique, tonique). On l’utilise encore actuellement en infusion de fleurs et feuilles (douleurs stomacales et intestinales…) Le contact du feuillage peut provoquer des allergies cutanées.
La hauteur est très variable : de 5 cm à 1,20 m. On pourra donc les classer en 2 catégories : les plus petites pour la rocaille et les plus grandes pour les massifs.
Floraison : Elle a lieu entre juin et septembre suivant les espèces. Les fleurs en capitules (comme les marguerites) de tailles différentes, sont regroupées en corymbes plus ou moins lâches.
Ci-contre, le dessin représente un corymbe que l’on peut définir d’une façon simplifiée par une grappe aplatie de fleurs.
Par son parfum elle attire de nombreux insectes et papillons.
Un reproche : la fanaison n’est pas toujours très esthétique, ce qui implique de couper les hampes florales défleuries à la base.
Culture : très facile car tolère une grande diversité de sols et d’exposition.
Sol : Frais mais bien drainé pas trop riche (les grandes achillées pousseraient trop en hauteur et s’écrouleraient). Les espèces de rocaille apprécient les sols médiocres, caillouteux voire sablonneux et secs. Certaines espèces tolèrent fort bien le calcaire (A. ageratifolia…). Dans les terrains argileux, ajouter du gravier pour faciliter le drainage.
Exposition : Plein soleil mais A. ptarmica préfère la mi-ombre.
Rusticité : Excellente.
De l’automne au printemps en dehors des périodes de gel. La meilleure période de plantation est avril-mai car elles s’installent rapidement.
Assez peu d’entretien (une plante pour jardinier paresseux ou en vacances ! - et plus particulièrement en bord de mer)
Rabattre les espèces pour massifs après la floraison. On pourra espérer une remontée de floraison à l’automne (A. ptarmica).
Rabattre complètement à l’automne quand la plante n’offre plus aucun intérêt esthétique (ne pas trop se précipiter car les tiges florales peuvent rester décoratives assez longtemps).
Diviser ou bouturer certains hybrides pour renouveler les touffes.
Se méfier de l’oïdium sur A. ptarmica. Il est préférable d’éviter d’arroser les feuillages en plein soleil. Le fait de rabattre la plante après la floraison, comme pour les ancolies, a un effet bénéfique. A. millefolium et A. filipendulina sont généralement exemptes d’oïdium.
Bouturage fin de printemps-début d’été.
Semis sous châssis froid ou en serre au printemps.
Mais la méthode la plus intéressante est la division des touffes en mars-avril. Se propageant par rhizomes souterrains, la touffe peut devenir vite envahissante (A. ptarmica). En divisant tous les 3-4 ans, on limite sa propagation tout en dopant la floraison qui a tendance à s’affaiblir avec les années.
Les achillées de rocaille sont à planter aux endroits chauds, bien dégagés car elles craignent la concurrence des plantes voisines et bien drainés (pas d’humidité stagnante) : rocailles, murets, dallages… on pourra les cultiver sur graviers.
Les achillées de massifs feront merveille dans les ‘mixed-border’, devant des arbustes aux endroits ensoleillés. Le feuillage gris est un indice de résistance à la sécheresse.
L’achillée est une excellente fleur à couper mais on peut, après séchage, l’utiliser dans les bouquets d’hiver de fleurs séchées (les couper au moment du plein épanouissement, les rassembler et ficeler en bottes entourées d’un cône de papier journal. Les suspendre dans un local sombre, sec et bien aéré. Il semblerait que A. ptarmica préfère sécher en laissant s’évaporer l’eau du vase).
Certains cultivars restent beaux, même fanés : ’Sérénade’, ‘Braise’…
A noter que les coupes du feuillage et des fleurs, mélangées aux déchets du compost, agissent comme activateur.
On se plaint tous les étés du manque d’eau (même en Bretagne !)… l’achillée est une plante qui devrait satisfaire les jardiniers dans les années à venir.
J’ai découvert il y a plus d’une dizaine d’années l’achillée grâce à l’hybride ‘Salmon Beauty’ qui avait un peu tendance à devenir envahissante. Je ne m’en suis jamais occupé. Je crois bien avoir eu tort car depuis quelques temps elle semble s’épuiser et se faire de plus en plus discrète. Il va être grand temps d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard ! Je n’ai actuellement que 3 achillées millefolium ’Salmon Beauty’, ’Credo’ et ’Lilac Beauty’. Ecrire cette page me donne envie d’acheter de nouveaux cultivars !
Achillea millefolium ’Salmon Beauty’ et Veronica spicata
LE PLUS : Sa facilité de culture
LE MOINS : La fanaison pas toujours esthétique
Dans toute bonne pépinière !!! Mais je voudrais en citer 2 plus particulièrement (et elles ont le bon goût de se trouver en Bretagne !)
LE CLOS D’ARMOISE - Philippe Le Goff - Le Moustoir Lorho - 56450 Theix - http://www.leclosdarmoise.com - tel 06 80 96 14 68
Pépinière LIORHEN - Laurence Rolland - Porh Lann – Lanmeur – 56480 St Aignan – tel 06 75 70 15 93
Liorhen a reçu en 2003 l’agrément du CCVS pour sa collection de cultivars d’Achillée millefolium.
Ces 2 pépinières vendent par correspondance.
Un petit mot de remerciements à Laurence Rolland pour m’avoir gentiment prêté sa collection de diapositives pour animer la conférence.
Alain