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Le dépérissement des arbres et arbustes d’ornement

Un dépérissement est une affection qui se manifeste chez un arbre ou un arbuste, par une perte de vitalité le plus souvent progressive, parfois plus ou moins rapide, occasionnant généralement la mort des plantes.
Les symptômes peuvent, selon les causes, apparaître dès le départ de végétation ou en cours de saison sur un végétal apparemment en bonne santé.
Sauf exception, ces symptômes ne peuvent être d’emblée rattachés à une cause précise ; évidement, ils sont très déroutants pour l’observateur.

Types de symptômes

Nous pouvons globalement retenir les diverses anomalies suivantes :
Débourrement tardif et "laborieux", feuilles restant petites, aspect général chétif sur l’ensemble du végétal ou localisé à un secteur, voire même à une seule branche.
• En cours de végétation : décoloration et flétrissement des feuilles, localisés dans un premier temps, à une, deux ou trois branches et gagnant finalement l’ensemble du végétal. Évolution s’étalant souvent sur plusieurs années.
• En cours de végétation : brunissement ou nécroses des pousses, feuilles, inflorescences à évolution rapide dans certains cas et pouvant gagner la partie aérienne.
• Sur conifères : dessèchement des extrémités des pousses, dessèchement des branches entières réparties au hasard.
Plages nécrosées sur le tronc, parfois suintantes, accompagnées d’un éclaircissement du feuillage.
• Accidents culturaux entraînant une malformation du système racinaire.
Déformations et galles des extrémités des rameaux du Fuchsia.

Principales causes de dépérissement.

Facteurs liés à l’environnement.
Agents de maladies :
- champignons hébergés par le sol,
- champignons à dispersion aérienne,
- ravageurs : acariens, cochenilles, chenilles xylophages.

Incidence des facteurs de l’environnement.

Toutes les plantes ont besoin d’eau, d’oxygène, de lumière, d’une température adéquate et d’éléments nutritifs. Adaptées à des milieux de culture variés, elles sont en pratique désignées en fonction de leur milieu de prédilection : plantes d’ombre, de soleil, d’eau, de sols lourds, sableux, humides, frais, secs, calcicoles, calcifuges, etc.
Chaque catégorie de plantes a donc des besoins propres qu’il est évidement sage de respecter. Par ailleurs une plante est confrontée aux variations naturelles du climat et aux aléas des qualités du sol.
Les plantes ne sont pas "armées" pour supporter les amplitudes climatiques excessives, certaines de ces variations comme la sécheresse, le froid, les excès d’eau peuvent leur être fatales.
L’insuffisance d’un ou plusieurs éléments nutritifs dans le sol engendre une malnutrition des plantes.
La chlorose ferrique rencontrée dans les sols calcaires et entraînant un affaiblissement marqué des jeunes arbres peut, si elle n’est pas corrigée, évoluer jusqu’à la mort.

Erreurs techniques.

- Dans certains cas, les plantes souffrent d’un mauvais fonctionnement racinaire qui peut avoir des causes multiples. Ces plantes ont une mauvaise reprise, végètent, présentent une moindre résistance aux aléas climatiques et au stress physiologique.
Éléments pouvant être incriminés :
• présence d’un chignon racinaire s’enroulant dès la racine pivotante d’une plante rempotée trop tardivement ou dans un pot inadapté. Les racines absorbantes sont moins nombreuses et déformées.
système racinaire entravé dans un sac en plastique d’élevage du plant ; les racines agglomérées en boule.
vieux sujet transplanté en motte sans avoir été cerné les années précédentes ; l’essentiel du chevelu racinaire n’a pas été extrait de terre.
plantation dans un sol froid et gorgé d’eau.
plantation tardive et mal surveillée par la suite, ces plants sont très sensibles à la sécheresse.
- Dans des sols très pauvres ou à la suite de mauvais traitements, les végétaux sont affaiblis. La résistance naturelle des plantes à l’agressivité des parasites est diminuée et favorise ainsi l’installation de champignons "dits de faiblesse".
Exemple de haies de Thuyas dépérissantes.
Ces grands arbres à silhouette pyramidale ont fait les frais de l’engouement pour les haies de persistants. Trop souvent utilisés pour la séparation des petits jardins de résidences, le choix des Thuyas s’est vraisemblablement fait dans la totale ignorance de sa nature de géant (de 25 à 60 m. selon les espèces), de sa préférence pour les régions humides et les sols frais ainsi que pour son intolérance aux longues périodes de sécheresse et d’air sec. Espèce à croissance rapide, plantés à 80cm de distance et taillés à 2 m de hauteur, ne bénéficiant pas toujours d’un sol de qualité, d’une conduite et d’un entretien appropriés, ces Thuyas ont ainsi perdu leur intérêt ornemental.
Affaiblis par de nombreux stress, espace vital, nutrition et arrosage insuffisants, ils ont été la proie de champignons occasionnant des brunissures, des chutes de ramilles et des dessèchements de rameaux, mais aussi d’insectes xylophages entraînant des dessèchements de branches, certains d’entre eux étant de redoutables ravageurs en pratique incontrôlables (le bupreste du Thuya).

Voir aussi sur le site "le bêtisier du jardinier".
En conclusion.
Il est reconnu que les problèmes « phytosanitaires » des végétaux sont à environ 80% dus à des pratiques culturales inopportunes. Avant d’incriminer une véritable maladie, il serait surement raisonnable de s’interroger sur les pratiques et les soins non respectés, par étourderie, erreur ou ignorance, afin de les corriger "pour le bien être de nos plantes".

Maryvonne Decharme le 19 février 2011


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