Ils sont d’un abord peut-être dissuasif à cause de leur cuirasse épineuse qu’ils ont développée pour se protéger des herbivores.
Mais il y a des chardons bien plus sympathiques que leurs cousins envahissants qui empoisonnent cultures et pâtures.

Comme tous les autres membres de ces familles, ils ne manquent certes pas de piquants, mais ils offrent en contrepartie bien d’autres avantages. Un examen attentif vous fera découvrir leur qualité picturale. Beaucoup possèdent des inflorescences très décoratives, parfois vivement colorées, parfois entourées de larges bractées qui sèchent et restent attrayantes longtemps.
Certains peuvent former des touffes importantes et apportent une note spectaculaire dans les massifs. Ils apportent dans un jardin une touche d’originalité et sont par ailleurs fréquemment cultivés pour la confection de compositions de fleurs coupées fraîches ou séchées.
Les chardons, en règle générale, aiment les sols bien drainés et sont capables de pousser dans les terres caillouteuses, calcaires et pauvres. Mais ils seront encore plus beaux s’ils disposent d’un peu de fraîcheur et d’une bonne terre de jardin. Cependant il y a des exceptions, en particulier pour les Eryngium à structure épineuse réduite, qui seront signalées lors de leur description.
Veillez à leur donner un emplacement dégagé et le plus ensoleillé possible, cependant plutôt à l’abri du vent.
Vous pouvez vous les procurer en godets et les installer dans votre jardin avant la mi-septembre. Ameublissez la terre profondément mais n’ajoutez ni terreau ni compost, seulement du sable ou du gravier si votre sol est trop lourd. En surface mettez un lit de gravier qui maintiendra le collet isolé du sol humide en hiver.
Vous pouvez également effectuer des semis en godets avant la mi-août pour que les plantes que vous transplanterez puissent s’implanter avant l’hiver.
Les plantes utilisées à des fins horticoles sont pour la plupart issues de la flore européenne. Elles ont été peu sélectionnées et hybridées. Aussi, bien que citées dans des revues horticoles, il a été parfois nécessaire d’avoir recours à la flore complète de Gaston Bonnier pour en obtenir quelques éléments descriptifs.
Georges Bertrand, section "Jardin d’ornement’’, novembre 2000