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Graines et semences

Le sujet peut sembler simpliste et pourtant, les paramètres à prendre en considération, sont nombreux.
Ne serait-ce que l’aspect budget, car une saison potagère représente une dépense qui n’est pas négligeable, et ce coût peut nous inciter à produire les graines par soi-même.
Mais attention, il faut le faire en pleine connaissance de cause.

Inventaire : vérifier le stock des graines restantes, leur date de péremption et si possible leur état de conservation. C’est la première démarche à effectuer, pour envisager le renouvellement, éviter les doublons ou les manques.

Réflexion : Quelles sont les graines (espèces et variétés) que je souhaiterais semer cette année ? Pour accompagner cette réflexion, il n’est pas inutile de consulter un guide de culture, un catalogue de semencier ou encore de contempler les présentoirs de graines.

Où et comment se procurer des graines ?
2 voies s’offrent à nous :
- la graine artisanale, par soi-même, le voisin ou l’ami
- le commerce local ou la vente par correspondance

Graine artisanale

Le propos n’est pas ici de présenter les méthode de récolte des graines mais seulement d’évoquer leurs qualités.

Les cas sont à considérer par familles de végétaux.

- Pommes de terre on peut très bien faire sa semence soi-même, mais il est prudent de prévoir le renouvellement de la souche tous les deux à trois ans, pour éviter l’installation de maladies virales. Si vous faites votre semence, le budget peut être divisé par deux ou trois. Votre allié pour éviter les erreurs, sera votre carnet de culture où vous aurez noté la date d’achat.

- Tomates oui mais avec un petit risque de pollinisation croisée ou hybridation naturelle, estimé de 2% à 5 % dans nos régions, selon Kokopelli.
Ce risque est principalement lié à la forme de la fleur, plus ou moins variable selon les variétés. Les fleurs sont auto fertiles et dans la plupart des cas, le pistil est dissimulé par les étamines et ne reçoit donc pas, sauf intervention extérieure, le pollen d’autres plantes. Il arrive que le pistil soit plus ou moins apparent et là le risque de pollinisation croisée augmente.

- Courges, courgettes, melons etc., pollinisation croisée assurée par familles. Cette pollinisation croisée ne viendra pas forcément de votre jardin mais peut être d’un potager éloigné. Pour obtenir des graines fidèles, il faut recourir à la technique de pollinisation manuelle, ce qui est assez lourd à gérer.

Beaucoup d’autres légumes sont susceptibles de s’hybrider naturellement. En conséquence, assurez vous de leur possibilités d’hybridation et ensuite, prenez vos risques.

A l’inverse de l’hybridation naturelle, beaucoup de variétés sont dites « hybrides F1 » et la mention est portée sur le sachet de graines. Si vous utilisez des graines provenant de la plante de cet hybride de première génération, outre le fait qu’il peu très bien y avoir eu une ‘sur hybridation’, vous obtiendrez des sujets de seconde génération dissemblables et non conformes à ceux de votre premier semis. Les caractéristiques de chacun des parents de l’hybride F1 tendant à reparaître.
Par des sélections successives, nous pourrions retrouver les plantes d’origine c’est la technique de deshybridation utilisée par les chercheurs, ce qui n’est pas notre but.

Les graines du commerce

Le point principal à vérifier dans le commerce de détail est la date limite d’utilisation, qui peut prendre divers aspects.
Cette date, doit faire l’objet d’une réglementation précise, dont la bonne application se fait petit à petit.

En effet, j’ai trouvé sur certains sachets ‘date limite d’utilisation : 2 ans après l’achat du sachet’.
Ce n’est pas très respectueux du consommateur car la date d’achat, qui ne figure pas, n’a rien à voir avec la durée de germination, qui elle même ne prend pas en compte la période de mise sur présentoir.
J’ai trouvé des marquages du style ’04 / 07’ sans autre repaire. S’agit-il d’avril 2007 ou de juillet 2004 ?

Heureusement, l’inscription des dates semble se clarifier …

D’une manière générale, les fournisseurs de graines ont intérêt à minimiser la date limite d’utilisation pour deux raisons : satisfaction totale du consommateur à l’utilisation, garantie de levée et d’autre part, renouvellement plus rapide de la demande de graines.
Moins la variété est utilisée, plus vous risquez de trouver des dates de péremption proches , pour un simple problème de rotation des stocks.
Un fournisseur marginal par sa raison d’être ‘Les semences de Kokopelli’, indique sur ses sachets : la date d’ensachage, l’année de récolte, et la durée de la période germinative moyenne 5 ans ou bien encore de 6 à 10 ans.
Concernant les Ventes Par Correspondance, je n’ai pratiqué que trois fournisseurs : Baumaux, La ferme Ste Marthe et Kokopelli. Il en existe bien d’autres …

Concernant ces fameuses dates, il faut s’en remettre à la qualité du vendeur avec pour chacun, une particularité.
Ainsi, pour Baumaux, il importe de se munir d’une loupe, pour lire en bas de l’étiquette : ‘Année limite d’utilisation conseillée 08’ les lettres ne font pas 1 mm de hauteur.
Concernant La Ferme Ste Marthe, les dates sont clairement indiquées, en seconde page, sur l’auto-collant qui scelle la pochette de graines ou au dos de la pochette. Ce fournisseur, en plus de son mode V. P. C., tente une percée sur le marché de détail. Des présentoirs dédiés à La Ferme Ste Marthe sont installés dans certains commerces locaux : Vive le jardin, CAMN, Jardiland.
Là, il faut être très vigilant car s’agissant de graines moins courantes, la rotation des stocks est parfois plus lente et c’est ainsi qu’en mai 2005 j’ai acheté un sachet de graines de Giraumon « A semer avant fin 2005 » … j’avais besoin de 4 graines.

Classement des sachets de graines :
J’ai trouvé des boites qui me semblent pratiques.
Il s’agit de boites en bois pour des crochets à ardoises.
D’autre part, l’utilisation des graines ne se faisant pas en un seul lieu, j’ai réparti celles-ci en quatre boites :
- Semis sous abri : Courges, choux, salades, poirées, betteraves etc. ..
- Semis de pleine terre : Carottes navets panais persil etc.
- Légumes grains : Pois, haricots, maïs.
Cela pour une raison d’encombrement.
- Fleurs.

Stockage des boites :
A proscrire absolument, les milieux humides.
Par milieu humide, indépendamment de la pluie, je pense au cabanon de jardin plus ou moins clos, ou à un rangement sur un sol en terre battue. D’autres cas doivent se produirent qui ne me viennent pas à l’esprit.
Proscrire également, le rangement au soleil, derrière une vitre ou dans la serre
La fraîcheur ne porte pas atteinte à la qualité de la graine, bien au contraire.

Ouverture des pochettes de graines :
Surtout si vous n’envisagez pas d’utiliser toutes les graines contenues exemple carottes, choux etc. … prenez la peine d’ouvrir les sachets avec soin, de telle sorte qu’aucune des indications figurant sur l’emballage ne soit perdue et que par ailleurs vous puissiez les sceller facilement avec un petit morceau de scotch pour attendre la saison suivante.

Refermer les sachets de graines, que ce soit par pliage serré ou avec un papier collant, permet de limiter, voire éviter l’humidité de l’air ambiant mais aussi d’empêcher l’intrusion de certains insectes parfois très gourmands.

Panais : une mention particulière pour les graines de ce légume ancien. J’ai un sachet de graines acheté chez Baumaux début 2005 « Panais ½ long de Guernesey » et muni de ma loupe, je lis « Année limite d’utilisation conseillée 08 »
Durée équivalente constatée chez Ferme Ste Marthe.
Le problème vient d’une observation trouvée chez Kokopelli page 146 de la 5ème édition :
Les semences conservent leur capacité germinative durant une année et ce n’est qu’un faible pourcentage qui peut germer au bout de deux ou trois années

http://www.kokopelli.asso.fr/

Conférence de Michel Belloche, le 28 janvier 2006