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Culture des Chèvrefeuilles (Lonicera)

Nom botanique : Lonicera

FICHE D’IDENTITÉ

Origine
Les Chèvrefeuilles caprifolium et periclymenum –littéralement « Feuilles des chèvres » ou, vieux nom patoisant, « Broute-bique », sont originaires des régions tempérées de l’hémisphère nord et font le bonheur de nos jardins et de nos campagnes depuis longtemps.
Le nom botanique « Lonicera » vient du célèbre médecin et botaniste allemand du XVIe siècle : Lonitzer.
Lonicera caprifolium, liane volubile à fleurs banc-crèmeux, très parfumé, a même fait ses entrées à la cour de Louis XIV, puisque Lenôtre l’a fait grimper à Marly sur les nombreuses tonnelles du parc.
Lonicera periclymenum est déjà mentionné au Ier siècle de notre ère par le botaniste grec Dioscoride, qui le comparait à un Liseron (Clymenum = Liseron) qui s’enroule (peri = autour) autour des arbres.
Au XVIIe siècle on a déjà des traces de l’actuelle variété ‘Belgica’.
Dès 1806, L. japonica semi-persistant, est rapporté d’Asie.

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Lonicera caprifolium

CARACTÉRISTIQUES

Les Chèvrefeuilles se divisent en deux grandes catégories : les lianes grimpantes et les arbustifs.

Les Chèvrefeuilles grimpants

Ce sont des lianes volubiles, souvent odorantes, qui enroulent leurs tiges autour des supports qu’ils rencontrent : fils de fer, grillages, branches, gouttières, poteaux. Ce sont des plantes idéales pour habiller une clôture grillagée d’autant que certains ont un feuillage presque persistant qui peut servir de haie.
Ces Chèvrefeuilles produisent des fleurs caractéristiques en forme de tube, constituées de cinq pétales soudés : quatre sur la partie inférieure, le cinquième rétablissant l’équilibre au-dessus (comme le pouce avec le reste des doigts de la main). Les fleurs sont généralement réunies en bouquets au bout des pousses.

Les Chèvrefeuilles arbustifs

Ces Chèvrefeuilles ont des fleurs solitaires ou groupées par deux ou trois à l’aisselle des feuilles des rameaux développés l’été précédent. Celles-ci sont souvent minuscules, sans grand intérêt, mais, peu importe, puisque ces espèces sont surtout recherchées pour leur feuillage robuste, persistant, vert ou panaché, parfois coloré, pouvant être menées en topiaires ou en nuage à la japonaise.

PLANTATION-ENTRETIEN

Le sol

Dans la nature, le Chèvrefeuille pousse en lisière de bois ou dans les haies. Il préfère un sol frais, fertile, riche en humus, voire limoneux et supporte même le calcaire.

Exposition

Comme les Clématites, le Chèvrefeuille aime avoir les pieds à l’ombre mais la tête au soleil (mais pas le soleil de midi).
Le conduire plutôt orienté à l’est ou à l’ouest, dans un endroit bien aéré car il est sensible à l’oïdium en zone confinée ou contre un mur). L’installer dans une haie, sur une arche, une pergola ou associé à des arbustes. Il a besoin de soleil pour fleurir abondamment.
Les chèvrefeuilles parfumés sont plus odorants le soir, ce qui attire le gros papillon de nuit : le Sphinx, dont la trompe est assez longue pour chercher le nectar au fond des calices et ainsi provoquer la fécondation des fleurs.

Multiplication

- Marcottage : dès qu’une branche touche le sol humide, elle s’enracine. Pour l’aider, placer une pierre plate sur la partie en contact avec le sol, recouvrir d’un peu d’humus et maintenir l’humidité
- Bouturage pour les Lonicera arbustifs : prendre de jeunes branches de 15 à 20 cm, gratter un peu l’écorce, éventuellement ajouter un peu d’hormone de bouturage et enfoncer dans un sol bien ameubli. Les transplanter à leur emplacement définitif à l’automne suivant.

Fructification

Attention, les baies rouges ou noires sont très toxiques, comme toute la plante d’ailleurs. Les fruits contiennent de la xylostéine, qui est une substance diurétique et fortement émétique.

Taille

Les Lonicera grimpants gagnent à être taillés et contenus, si l’on ne veut pas être envahi.
Après la première floraison qui se produit sur les pousses de l’année précédente, élaguer de chaque côté et au-dessus, afin de favoriser les jeunes pousses. Plus ils fleurissent, moins ils grimpent. Il faut donc tailler pour maintenir l’équilibre entre le développement de la plante et sa floribondité.
Supprimer chaque année 1/3 des branches et même rabattre sévèrement de grosses lianes de temps en temps pour que le Chèvrefeuille se regarnisse du bas et éviter ainsi les vieux bois peu décoratifs.
On peut rabattre au ras du sol en fin d’hiver. Ils repartent très bien.

MALADIES

Certains Chèvrefeuilles sont sensibles aux pucerons qui colonisent l’extrémité des jeunes tiges. En zone confinée, ils peuvent être envahis par l’oïdium qui couvre feuilles et rameaux d’un duvet blanchâtre. Pour éviter ces parasites, il faut absolument installer les Chèvrefeuilles dans des zones bien aérées. Ils n’aiment pas être adossés à un mur à l’ouest.
Quelques variétés sont plus sensibles que d’autres : L. heckrottii – L. halliana – L. ‘Dropmore Scarlett’.
Au contraire, ‘Hall’s Prolific’ serait très résistant.

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

Il existe quelques variétés intéressantes mais non adaptées à notre climat breton :
- L. implesca est une espèce méditerranéenne non rustique, au feuillage coriace persistant. Floraison blanc-crème mais peu parfumée
- L. etrusca (4 à 5m) également espèce méditerranéenne non rustique. Belle floraison jaune doré-saumon au parfum suave
- L. hildebrandiana (Madère) d’origine chinoise non rustique. Grandes fleurs jaune vif très parfumées, à grandes feuilles coriaces brillantes.

PERSPECTIVES POUR DE NOUVELLES VARIÉTÉS

Si la recherche continue sur les variétés anciennes, l’INRA a mis en place un programme d’hybridation entre grimpants et arbustifs, mais il faut attendre les résultats qui permettraient d’obtenir des arbustes dotés de la spectaculaire floraison des grimpants (5 à 10 ans).
En attendant, on peut tailler sévèrement les L. periclymenum et L. caprifolium et les conduire en arbuste en ne gardant qu’une seule tige au départ. La variété ‘Dropmore Scarlett’ se prête bien à cette taille.

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Un chèvrefeuille monté sur tige
Original...

ADRESSES UTILES

- Pépinières de la Grée (Didier Château – 35134 Thourie – tél. : 02 99 43 16 20
- Ets Horticoles du Coudray – 76850 Beaumont-le-Hareng – tél. : 02 35 33 31 37
- Pépinières Travers – Cours Charrette – 45650 Saint-Jean-le-Blanc – tél. : 02 38 66 13 70
- Patrick Nicolas – 8 sentier du Clos Madame -92190 Meudon
- Pépinières Adeline – route d’Herry – 18140 La-Chapelle-Montlinard – tél. : 02 48 79 51 51

Michelle Saint-Guily et Claude Bressant
19 décembre 2009